Lettre aux chefFEs de partis

Montréal, le jeudi 24 septembre 2015

 

Monsieur / Madame XXXX,

 

Nous vous contactons aujourd’hui afin de solliciter auprès de vous des engagements clairs en matière d’égalité entre les femmes et les hommes et concernant la Loi sur la protection des collectivités et des personnes victimes d’exploitation.

La Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES) est un regroupement d’individuEs et d’organismes qui croient qu’un monde sans prostitution est possible. Au quotidien, nous travaillons en prévention auprès des jeunes et des femmes vulnérables, nous offrons des services directs aux femmes prises dans la prostitution, les soutenons dans leurs démarches de sortie et continuons de les accompagner une fois qu’elles ont quitté l’industrie du sexe. Nous effectuons également un travail de sensibilisation auprès de la population, des médias et des éluEs afin de changer les mentalités et les lois en matière de prostitution et nous avons en ce sens été impliquées tout au long du processus de changement législatif (en Cour d’appel de l’Ontario, devant la Cour suprême du Canada, au Comité permanent de la justice et des droits de la personne, etc.).

Nous aimerions savoir si vous entendez, si vous êtes élu à la tête du pays, maintenir et appliquer la Loi sur la protection des collectivités et des personnes victimes d’exploitation. Cette loi est selon nous imparfaite : l’impunité des personnes prostituées devrait y être complète. Malgré cela, en criminalisant l’achat et la vente du corps d’autrui, elle représente une avancée considérable pour les droits à l’égalité et à la sécurité de toutes les Canadiennes et de tous les Canadiens. En ce sens, il nous apparaît primordial de préserver et de bonifier cette avancée afin de faire du modèle nordique un modèle canadien d’égalité et de justice.

Nous vous invitons donc, vous et votre parti, à prendre position en faveur de la lutte contre l’exploitation sexuelle, à maintenir la Loi sur les collectivités et les personnes victimes d’exploitation et à la modifier afin qu’aucune femme ne puisse jamais être criminalisée pour l’exploitation qu’elle subit, et ce, peu importe où elle se trouve.

Afin de rendre concrets ces engagements, il est également primordial d’allouer aux services policiers les ressources nécessaires à l’application de la loi – spécifiquement à l’encontre des clients, des proxénètes et des personnes annonçant les services sexuels d’autrui- et de supporter, entre autre financièrement, les organismes qui viennent en aide aux femmes dans l’industrie du sexe, incluant celles qui désirent quitter la prostitution.

En espérant pouvoir compter sur votre soutien et celui de votre parti dans la lutte contre l’exploitation sexuelle et les inégalités qui la sous-tendent, nous vous prions d’agréer, monsieur, l’expression de nos sentiments les meilleurs.

 

Une lettre de la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES)

appuyée par

La Confédération des syndicats nationaux (CSN)

Le Regroupement québécois des Centre d’aide et de lutte aux agressions à caractère sexuel (RQCALACS)

Le Comité d’action contre la traite interne et internationale (CATHII)