Archives de l’auteur : La Cles

Comme une poupée programmée

Un homme te paie pour te pénétrer et après celui-ci un autre, et encore un autre. Tu te sens réduite à tes orifices. Ils te pénètrent avec leurs mains, des objets, leurs pénis. Tu deviens leur objet. Comme une poupée programmée, tu dois montrer que tu aimes cela même s’il te déchire et que cela te fait mal. Tu n’as pas le droit de te plaindre, un objet ne peut ressentir des émotions sauf celles qui sont programmées par le client qui achète l’objet. Donc, tu dois leur montrer qu’ils sont les meilleurs si tu ne le fais tu risques d’être battue puisque tu viens de les blesser dans leur orgueil d’homme. De plus, s’ils sont insatisfaits ils peuvent demander un remboursement comme un objet qu’on retourne au magasin pour insatisfaction de la marchandise.

Gyna

Théâtre de rue anti-porno

Voici une pièce de théâtre de rue créée par le groupe NERF (North East Radical Feminists of North America) pour les journées contre la pornographie organisées dans la ville de Québec du 21 au 25 septembre 2007, et intitulées : «Ensemble dépornographier notre vie, dépornographier le monde».

Cette pièce a notamment été jouée lors de la soirée spectacle du Rassemblement pan-canadien des jeunes féministes, le 12 octobre 2008, au Medley, à Montréal.

Vous pouvez télécharger la version écrite. Vous pouvez utiliser cette pièce de théâtre lors des ateliers de sensibilisation sur la question de la prostitution/pornographie.

Voici la version audio de la pièce avec la participation de : Michelle Briand, Annick Dockstader, Laurence Fortin-Pellerin, Maude Marcaurelle et Ana Popovic.

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Pour en savoir plus sur les journées contre la pornographie à Québec: lire l’article sur Sisyphe.

Trafic des femmes

Voici un long documentaire sur la traite des femmes. D’est en ouest, jusqu’au Canada, ce documentaire nous fait voyager, à travers la réalité pénible des femmes exploitées. Documentaire réalisé par Ric Esther Bienstock.

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Women’s Support Project

Cet organisme est basé à Glasgow, en Écosse, au Royaume-Uni. Il a été mis sur pied en 1983 pour sensibiliser la population aux causes et aux conséquences de la violence des hommes envers les femmes, ainsi que pour soutenir des services pour les femmes affectées par cette violence. Le Women’s Support Project s’intéresse à plusieurs thématiques liées à la violence masculine envers les femmes: violence sexuelle, inceste, abus sexuel, mères d’enfants abusés, violence domestique, prostitution et d’autres formes d’exploitation sexuelle commerciale. L’organisme a développé des stratégies d’éducation populaire et de lobbying.

Concernant la prostitution, l’organisme est très impliqué dans un projet appelé «The Route Out of Prostitution», en partenariat avec les services de santé, la ville de Glasgow et la police. Ce projet comprend de la prévention, de l’intervention, de l’implication au niveau de la communauté et des analyses des différentes législations existantes concernant la prostitution.

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Standing Against Global Exploitation Project (SAGE Project)

La fondatrice de SAGE, Norma Hotaling, a vécu une dépendance à l’héroïne de vingt ans et s’est prostituée pendant huit ans. En 1989, elle décide volontairement de séjourner en prison, pour être loin des dealers et des proxénètes. Après s’être sortie de la prostitution et de sa dépendance à la drogue, elle entame des études à l’Université de San Francisco et décroche un diplôme en éducation à la santé. En 1992, avec trois autres survivantes de la prostitution, elle fonde SAGE, organisme qui a pour but principal d’aider les personnes prostituées à sortir de la prostitution et de leur offrir un soutien médical, juridique, psychologique, etc.

Le personnel de SAGE est constitué principalement d’ex-prostituées et est orienté vers le soutien par les paires. SAGE fait également un travail de sensibilisation aux problèmes causés par la prostitution, notamment par un programme visant à éduquer les clients de la prostitution (John’s School). SAGE a également développé un programme dédié au trafic sexuel appelé le STOP (SAGE Trafficking Opposition Project). Grâce à la force de conviction de la fondatrice (Norma Hotaling), la ville de San Francisco s’est dotée d’un système permettant d’aider celles qui sont les plus cruellement touchées par le milieu prostitutionnel. SAGE offre par ailleurs des programmes visant à aider les femmes prostituées incarcérées et celles qui sont relâchées. SAGE offre une aide pour inciter ces femmes à ne pas retomber dans la prostitution après la période d’incarcération. SAGE emploie plus de 30 personnes, incluant des paires (ex-prostituées) et des ‘‘spécialistes’’ (au niveau des soins de santé, de la psychologie, etc.).

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Prostitution Awareness and Action Foundation of Edmonton (PAAFE)

Cet organisme, basé à Edmonton, a été mis sur pied en 1996. Il s’agit au départ d’une initiative proposée par la police d’Edmonton. PAAFE travaille avec des partenaires communautaires divers qui considèrent la prostitution comme un problème social important, d’abord pour les personnes qui en font l’expérience, mais également pour l’ensemble de la communauté: résidants, parents, enfants, etc. L’organisme vise une société sans prostitution et des mesures sociales concrètes pour aider les personnes à en sortir.

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Quelques sites féministes

Groupes de femmes/ Communautaires

Regroupement québécois des CALACS (RQCALACS)

Femmes autochtones du Québec (FAQ)

Y des femmes de Montréal

Action travail des femmes (ATF)

La Maison de Marthe

L’R des centres de femmes du Québec

Fédération des femmes du Québec (FFQ)

Table des groupes de femmes de Montréal (TGFM)

Centre des femmes de Montréal

Groupes internationaux

Marche Mondiale des femmes

Million Women Rise

Coalition Against Trafficking in Women (CATW)

Santé

Réseau canadien pour la santé des femmes

Réseau québécois d’action pour la santé des femmes (RQASF)

Femmes en santé

Centres d’excellences pour la santé des femmes

Médias-Communication

Sisyphe

Netfemmes

Tech sans violence

Feminist Approach to Technology (FAT)

The F Word

Feminism/Rabble.ca

Les cahiers de la femme

La Gazette des femmes

La vie en rose

Éditions Remue-Ménage

Le Lotus Webzine

Blogues

Je suis féministe

Nouvellescathii

Campus féministe – Université de Montréal

Osez le féminisme

En quelques sorte

Abolitionniste !

Mauvaise herbe

Rmott62

Against All Evidence

Groupes associatifs et autres

Coalition nationale contre les publicités sexistes

Coalition féministe radicale contre le G20

Maison Parent-Roback

Le papier ne peut pas envelopper la braise

Videotv

Octobre, 05 2007

Aun Tauch, Da, Mab, Phirom, Môm : elles sont des dizaines dans le Building blanc, au centre de Phnom Penh au Cambodge, à travailler chaque soir sous la surveillance d’un “placeur” chargé de rabattre les clients.

 

“C’est glacial comme histoire” : témoignage de Jade sur son expérience de la prostitution

Extrait: je veux dire que je ne suis même pas majeure, moi, là, là. Puis tu… tu me fourres, là. Tu me baises, là. Tu fais n’importe quoi, puis tu t’en fous, là. Dans le fond, tu me brasses, tu me fais mal. Ça les dérange même pas, là. Une fois, j’ai mangé des claques sur la gueule. Pendant le temps qu’il était en train de le faire, là. C’est parce qu’il y en a qui traitent comme ça, sado-maso, là. Il te serre la gorge. T’es quasiment en train de crever puis… il te baise en même temps, là. C’est quelque chose, pareil ! Puis tu sais, j’en ai rencontré du monde qui… avaient des femmes, y’avaient des enfants, puis je leur disais : ” T’es ben écoeurant de faire ça à ta femme !” “Oui, mais il dit, ferme ta gueule/Je te paie !”

Toute vérité est bonne à dire : témoignage de Sylviane sur son expérience de la prostitution

Extrait:

C’est bien ça le problème, tout le monde dit qu’il ne juge pas ou accuse les autres de trop juger et, en réalité, il n’y a pas grand monde qui se sert de son jugement. Ça donne les folies que j’ai lus, que la prostitution est presqu’un service social, les femmes ont bien le droit de donner du sexe aux hommes et les hommes d’en avoir, c’est un choix individuel, la sexualité est tabou, c’est une libération de se prostituer. Mon oeil. Vraiment y en a qui dérape. Dites-moi d’abord pourquoi vous ne le faites pas vous-même si c’est si beau que ça de se prostituer.
 

Témoignage de Lolita

Extrait:
 
” Si seulement j’avais su ce qui m’attendait dans ce monde de fou, ce monde que tout le monde admire, ce monde où ils veulent tous venir, […] Un monde où, nous les prostituées africaines, sommes considérées comme de la merde, des esclaves à qui on fait manger des excréments et boire des urines. On trouve normal que des malades, des pervers, des gens riches utilisent leur pouvoir et leur argent pour faire des choses aussi graves sur des êtres humains.”

Les lendemains de la prostitution

Extrait:
 
“Quand j’ai cherché de l’aide, je n’en ai pas trouvé. Je me suis débrouillée par moi-même. Je me suis renseignée. Je sais aujourd’hui qu’il n’y en a pas beaucoup plus. Si tu enlèves une fille de la rue pour l’y remettre pas longtemps après, c’est pas la peine! Des lieux d’accueil pour prostituées, où elles pourraient trouver des réponses à leurs besoins de base, y’en a pas! Des formations pour qu’elles travaillent à autre chose que le salaire minimum, où sont-elles? La volonté pour faire de la prévention ou de l’insertion, j’en vois pas!”

Les premiers pas vers la prostitution

Extrait:

“J’avais besoin qu’un homme me paie pour me sentir femme, jolie, valable, attrayante. Aujourd’hui, je n’en ai plus besoin. Je sais qui je suis. Mes besoins se sont modifiés. L’argent ne m’intéresse plus. À l’époque, «paraître» était très important pour moi. Et puis, dans ce milieu, tu dois bien paraître. Pour cela, j’avais besoin d’argent. C’était un cercle vicieux!”

Du viol à la prostitution

Extrait:

Le monde de la prostitution, c’est abominable. Je ne le souhaite pas à mon pire ennemi. Y’a des clients qui te disent qu’ils veulent faire l’amour. Mais comment peux-tu appeler ça de l’amour? C’est tout sauf ça. C’est surtout un monde de violence. À chaque fois, j’avais peur. J’ai failli mourir plusieurs fois. Si je n’avais pas su me défendre, j’y serais passé. Je suis une grande gueule et ça m’a sauvé quelques fois.”

Trois témoignages

Extrait:

Quand une fille a été abusée durant son enfance, le pimp n’a pas grand-chose à faire pour que la fille fasse de la prostitution. Moi, c’est le père de mes enfants qui me disait avec qui il fallait que j’aille. J’avais 16 ans.

Lire ces témoignages

Témoignage de D.

Extrait:

Je me souviens encore de mon premier “client”. Quand je suis ressortie de sa voiture, je me suis mise à vomir. Je crois que, ce jour là, je vomissais ma honte, mon dégoût des hommes, de moi-même et de la malchance vu qu’elle m’a poursuivie jusqu’aujourd’hui.”

Lire ce témoignage

Témoignage de Jayme: La prostitution réglementée au Nevada

Extrait:

“En tant que « vieille femme » âgée de 28 ans qui a survécu à 12 ans de prostitution – la plupart passés dans les bordels légaux du Nevada -, je souhaite vous raconter ce que fut ma vie – et celles des autres femmes – utilisées dans le cadre de la prostitution réglementée. Je fus introduite pour la première fois dans les bordels du Nevada par l’intermédiaire mon ex-maquereau.”

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Témoignage de Maldy Bonheur

Extrait:

“Dans la prostitution, l’amour et la liberté n’existent pas. Il n’y a que haine, mépris, vengeance, intérêt et violence. Non, la prostitution n’est pas un métier. Elle est une atteinte à la dignité humaine!Les individus qui affirment le contraire sont des personnes aveuglées par l’argent, manipulées par les proxénètes. Dans la prostitution, les êtres humains sont des marchandises exploitées et dominées par des hommes pour des hommes

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Témoignage de E.

Extrait:

“Je suis arrivée à ** [ville du sud] en 81 pour me séparer et divorcer de mon mari. Jusqu’en 83, j’ai fait divers travails. Mais je me suis retrouvée sans travail et j’ai commencé à me prostituer. Cela a été très dur, bien sûr, mais je n’avais pas le choix. Et malgré la prise de pilules pour ne pas avoir d’enfants, je me suis retrouvée enceinte deux fois (une fois en 84 et une fois en 86).”

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Vidéo: Pas à vendre

Nous vous proposons un outil d’information et d’animation très pertinent et “punché” pour vos réflexions et vos actions contre la violence envers les femmes.

Pas à vendre – Produit par le Lobby européen des femmes et la Coalition contre la traite des femmes, cette bande vidéo de 23 minutes au rythme enlevant constitue un excellent antidote aux points de vue et mythes traditionnels au sujet de la prostitution. C’est en leurs propres mots, parfois crus, que des femmes ayant été en situation de prostitution racontent leur vécu, et dénoncent une industrie qu’elles-mêmes ont déjà banalisée :

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Communiqué: Le corps des femmes est attaqué. Que fait-on? On se tient debout et on riposte!

Montréal, le 19 janvier 2009 – Nous sommes des jeunes femmes qui étions présentes lors du Rassemblement pancanadien de jeunes féministes qui a eu lieu à Montréal les 11, 12, et 13 octobre 2008. Nous sommes également de celles qui ont participé à l’atelier sur l’industrie du sexe et à l’action contre la pornographie et la prostitution sur la rue Sainte-Catherine. Nous tenons ici à réagir aux propos d’Ariel Troster publiés sur le site de xtra.ca, le 31 octobre 2008, sous un article intitulé « Anti-porn feminists. PERSONAL / POLITICAL / Women’s conference still divided on sex work » (www.xtra.ca).

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Lettre: Des milliers de personnes réagissent à un concours de danse érotique

Montréal, jeudi le 11 décembre 2008

Gagner une paire de seins, à quel prix ?

Et si c’était votre fille, votre sœur, votre amie, votre nièce, votre conjointe,… comment réagiriez-vous au fait qu’on l’incite « amicalement » à la danse érotique ? Une invitation à entrer dans l’industrie du sexe qui est tout, sauf amicale. Une invitation à marchander son corps comme un bien de consommation ou d’exploitation. Un corps qu’on voudra ensuite transformer, modeler, charcuter pour correspondre aux canons de beauté en vogue. Certains diront que l’on exagère. Pourtant une publicité pleine page en novembre 2008 dans un journal local des Laurentides, invitait les demoiselles à un concours amical de danseuses en lingerie : « Vos performances ou plus encore, à votre discrétion ». Le concours que l’on pourrait également qualifier de recrutement, est organisé par un bar de danseuses nues. Vous voyez le lien avec l’industrie du sexe ?

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Communiqué: La violence des prostitueurs, des proxénètes et de la prostitution, plus jamais.

Montréal, 26 novembre 2008 – Au moment où s’ouvre au Palais de Justice de Montréal le procès pour agressions sexuelles de Giovanni d’Amico, des membres de la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES) vont y manifester leur solidarité envers les femmes qui l’ont dénoncé. La CLES veut signifier son refus de toute forme de violence et de discrimination à l’égard des personnes prostituées, quelque soient la forme et le lieu où elle s’exerce. La CLES réclame que cesse immédiatement toute criminalisation et tout harcèlement des femmes en situation de prostitution mais aussi que soit réformé un système qui, en les appauvrissant et en niant leurs droits, les livre aux prostitueurs et aux proxénètes.

À l’instar de la Suède et maintenant de la Norvège, la CLES réclame une loi-cadre qui permette d’appuyer réellement les femmes qui veulent non seulement porter plainte contre leurs agresseurs mais trouver des alternatives à la stigmatisation inhérente à une société misogyne.

Depuis 1989, on a dénombré 40 femmes tuées par des hommes dans le contexte de l’« industrie du sexe » au Québec. De ce nombre, 12 femmes faisaient de la prostitution de rue. Les autres étaient au service d’agences d’escortes, œuvraient dans leurs appartements ou encore allaient au domicile des clients. Certaines ont été tuées par des clients, d’autres par des proxénètes. Certaines ont été assassinées par leur partenaire sexuel, d’autres par des inconnus dans le cadre d’un règlement de compte (crime organisé). La violence des prostitueurs et des proxénètes ne se limite pas à la prostitution de rue. Il est illusoire de croire que de permettre la création de bordels coopératifs, de ‘‘zones de tolérance’’ et autres lieux similaires leur assurerait une plus grande sécurité.

La CLES souhaite voir pénalisés l’achat d’actes sexuels – une violence en soi – et l’exploitation des femmes et des filles par les proxénètes, les tenanciers de bordels et les trafiquants qui tirent parti de leur pauvreté, avec la complicité de l’État.

La CLES participe à la Campagne des 12 jours d’actions contre la violence envers les femmes, coordonnée par la Fédération des femmes du Québec. Elle organise à cet effet un échange international avec des militantes de terrain d’une dizaine de pays au Centre St-Pierre, le jeudi 4 décembre à 17 h 30 au Centre St-Pierre (pièce 204), sur le thème La prostitution comme violence envers les femmes

Communiqué: La CLES dit NON à la violence de la prostitution

Montréal, 17 décembre 2007 – Le 17 décembre est déclaré Journée internationale pour contrer la violence envers les personnes en prostitution. Les membres de la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES) souhaitent marquer cette journée et réaffirmer leur refus de toute violence exercée ici comme ailleurs dans le monde, à l’égard des femmes et des filles qui se retrouvent en situation de prostitution. Nous dénonçons la violence psychologique, physique et sexuelle qu’elles subissent à l’instar de plusieurs femmes dans une société patriarcale mais nous dénonçons aussi la répression judiciaire et sociale à leur endroit.

Cette violence tient à ce que notre société préfère harceler et criminaliser ces femmes plutôt que de s’attaquer à ceux qui sont à la source de ces violences, soit les proxénètes et les clients. L’application actuelle des lois et des règlements, aux trois paliers de gouvernement, met l’accent sur la criminalisation des femmes, plutôt que sur l’interpellation des clients et des proxénètes, devant qui les législateurs ferment les yeux de mille et une façons. Ceux-ci se sentent pleinement autorisés à traiter les personnes en prostitution comme une source de profits et de gratification.

Pour les organisations et personnes membres de la CLES, les tentatives actuelles d’imposer une légalisation ou la décriminalisation du proxénétisme et des bordels ne feraient qu’aggraver cette violence en multipliant l’exploitation sexuelle commerciale des femmes. Les statistiques d’agression démontrent que proxénètes et clients sont tout aussi méprisants et violents derrière des portes closes que dans la prostitution de rue. La preuve déposée au procès de Robert Pickton – qui a dit avoir tué 49 femmes en Colombie-Britannique – indique que sa ferme était essentiellement un bordel. Au Québec, au moins 5 des 14 femmes en situation de prostitution tuées au cours des 10 dernières années étaient à l’emploi d’agences d’escorte, de maisons closes, de clubs échangistes, de bars ou se rendaient chez des acheteurs de « services sexuels ». Cette violence organisée doit cesser.

La solution n’est pas de normaliser l’industrie de la prostitution – comme certains le réclament – mais de cibler et confronter la « demande » masculine. La CLES soutient qu’un monde sans prostitution est possible. L’expérience de pays comme la Suède démontre que, plutôt que de criminaliser les femmes en situation de prostitution, il est beaucoup plus efficace de leur offrir de véritables solutions en cessant de les arrêter et en les appuyant réellement, tout en ciblant leurs exploiteurs. De plus, le fait de situer l’institution de la prostitution dans un continuum de violence envers les femmes permet de travailler sur des solutions visant une égalité de fait pour toutes les femmes.

Cet appui réel est celui que réclament depuis toujours les femmes défavorisées, sans logis, immigrantes ou narcodépendantes. C’est parmi elle que sont majoritairement les femmes captives de la traite et de la prostitution. Elles demandent du soutien psychologique, l’accès à des logements et des programmes de garderie abordables, des programmes de désintoxication, la possibilité de retourner aux études ou de réintégrer le marché du travail dans des emplois satisfaisants, un soutien au revenu, l’accès à la justice et des démarches d’immigration simplifiées.

La CLES regroupe depuis mai 2005 des intervenantes de première ligne, des chercheurEs universitaires, des auteurEs et des représentantEs d’organismes communautaires et religieux. Toutes et tous mènent un travail d’éducation populaire et de défense des droits des personnes aux prises avec la prostitution, une forme de violence qui est le contraire même de l’égalité femmes-hommes, qu’elle se fasse dans la rue ou via des agences d’escorte, dans des salons de massages dits érotiques, bars spécialisés ou bordels, via la pornographie ou Internet. Elle touche particulièrement les femmes davantage marginalisées (pauvres, racisées, migrantes, autochtones, adolescentes, victimes d’inceste et de viol, etc.)

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