Lettres et communiqués
Communiqué allié : La communauté mondiale rejette la banalisation de la violence dans le film Cinquante nuances plus sombres

Les campagnes #50DollarsPas50Nuances et #50NuancesAgression en appellent au soutien des organismes de défense des droits des femmes

London (Ontario), 1er février 2017 – London Abused Women’s Centre (Canada), Collective Shout (Australie), Culture Reframed (États-Unis) et National Center on Sexual Exploitation (NCOSE) (États-Unis) collaborent pour la deuxième fois en vue de rejeter la banalisation de la violence et l’exploitation des femmes dépeintes dans le film Cinquante nuances plus sombres (Fifty Shades Darker). De nombreux groupes de par le monde dénoncent la trilogie Cinquante nuances avant la sortie du film Cinquante nuances plus sombres, le 10 février 2017.

La page Facebook de la campagne, souligne comment la série Cinquante nuances (fondée sur les livres d’E.L. James), banalise, voire magnifie, la violence sexuelle et familiale. La page de la campagne propose aussi plusieurs mesures que le public peut prendre, comme les mèmes des médias sociaux ou un don de 50 dollars – ou n’importe quel autre montant –, au profit des organismes de défense des droits de la femme, comme les refuges ou les centres d’aide, et l’utilisation du mot-clic #50DollarsPas50Nuances en vue de promouvoir la campagne de don.

London Abused Women Centre, Shout Collective, Culture Reframed et National Center on Sexual Exploitation ont publié un communiqué de presse commun déclarant : « Les filles qui naissent aujourd’hui en Amérique du Nord courent 50 pour cent de risque d’être maltraitées physiquement ou sexuellement. Elles naissent dans la culture de la pornographie qui ne tient pas compte du consentement. Dans la vraie vie, les hommes utilisent les mêmes tactiques que Christian Grey, héros de la trilogie Cinquante nuances, pour exercer et affirmer leur emprise sur les femmes dans leur vie. Cela inclut l’isolement, les menaces, les agressions physiques et sexuelles. CELA n’est pas du divertissement. CELA n’est pas émoustillant. CELA porte un préjudice grave aux femmes et peut, dans le pire des cas, aboutir à un meurtre. »

En 2015, lorsque le premier film de cette trilogie est sorti, la campagne s’est propagée rapidement. Cette fois aussi, les organismes partenaires invitent le public à soutenir les survivantes de la violence masculine et à contribuer à informer le public sur les réalités des relations du type Cinquante nuances.


Pour organiser une entrevue avec :

National Center on Sexual Exploitation – veuillez communiquer avec Haley Halverson au 202 393-7245 ou à haley@ncose.com
Culture Reframed – veuillez communiquer avec la Dre Gail Dines au 617 733-6915 ou à gdines@culturereframed.org
Collective Shout – veuillez communiquer avec Caitlin Roper au 0418 437 420 ou à caitlin@collectiveshout.org
London Abused Women’s Centre – veuillez communiquer avec Jennifer Dunn au 519 432-2204 ou à jen@lawc.on.ca, ou avec Megan Walker au 519 432-2204 ou à mwalker@lawc.on.ca

Lettre : Marie en Inde

Mumbai. 29 janvier 2017

L’Inde. New Delhi. Avec ses effluves, son humidité et sa richesse côtoyant la pauvreté, on pourrait dire qu’elle est une ville des extrêmes. Last girl first, est le titre de la 2e Conférence internationale sur l’exploitation sexuelle. Se tenait à 18h la soirée d’ouverture, avec la présentation de plusieurs femmes de par le monde qui ont un vécu en lien avec la prostitution. Elles ont toutes, à leur façon, été les dernières filles peu importe d’où elles viennent, et c’est à elles, et particulièrement aux filles de l’Inde, qu’on a voulu rendre hommage.

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Montréal, le mardi 6 décembre 2016 – La Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES) souligne en ce 6 décembre, journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes, les deux ans d’entrée en vigueur de la Loi sur la protection des collectivités et des victimes d’exploitation.

Cette loi a été adoptée après des années de lutte et de dur labeur de la part de groupes de survivantes, de groupes d’intervention de première ligne et de féministes abolitionnistes de tous horizons qui souhaitaient voir l’État combattre activement l’exploitation sexuelle des femmes et des filles et non le voir l’encadrer ou pire, la légaliser.

Alors que la nouvelle loi met l’accent sur l’approche dite nordique, pour laquelle trois éléments sont essentiels – la prévention, la criminalisation de l’achat d’actes sexuels et le soutien à la sortie de la prostitution -, aucun de ces éléments n’a été vraiment pris en charge par les gouvernements. Différentes initiatives ont vu le jour – le projet CREATE à Winnipeg, les « John Schools » en Ontario et en Alberta, de nombreuses opérations visant les clients de la prostitution dans les provinces maritimes – mais le Québec, lui, est à la traine. En effet, La Presse soulignait récemment que seulement 56 clients ont été accusés d’achat de services sexuels entre décembre 2014 et le mois d’aout dernier. Pourtant, les salons de massages érotiques, les bars de danseuses et les agences d’escortes continuent d’opérer au vu et au su de toutes et tous…

Une Stratégie gouvernementale pour prévenir et contrer les violences sexuelles a été dévoilée le 28 octobre dernier par le gouvernement du Québec et, bien qu’elle promette de nouvelles mesures afin de lutter contre l’exploitation sexuelle, elle ne donne pas d’outils pérennes pour soutenir les femmes dans la prostitution. De fait, aucun organisme travaillant sur cette question n’a reçu de financement récurrent. La CLES fonctionne toujours par projets avec les aléas et l’insécurité que cela comporte. Une des mesures prometteuses, la mesure 20, laisse présager l’intention de mettre en place une aide financière d’urgence pour les femmes souhaitant sortir de la prostitution, mais ne donne aucun horizon pour son application, alors qu’il y a urgence. Les femmes fréquentant la CLES sont nombreuses à ne même pas connaître la loi et à être confrontées à divers obstacles lorsqu’elles tentent de quitter l’industrie du sexe. L’adoption récente d’une loi appauvrissant les femmes telle que la loi 70 nous inquiète profondément.

« Oui, la loi a un fort pouvoir normatif mais encore faut-il qu’elle soit connue, tout comme la nouvelle Stratégie doit prendre en compte l’ensemble des éléments du modèle nordique et offrir plus aux femmes » explique Diane Matte, fondatrice de la CLES. En ce sens, la CLES réclame un financement récurrent; la mise en place de la mesure 20 dès que possible; l’application de la loi sur la prostitution ainsi qu’une campagne de sensibilisation nationale sur l’impact de l’exploitation sexuelle sur la société, l’existence de la loi ainsi que les ressources qui viennent en aide aux victimes. Deux ans après l’entrée en vigueur de la loi, il serait plus que temps.