Lettres et communiqués

Montréal, le vendredi 19 mai 2017– La Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES) accueille favorablement la démarche du maire Denis Coderre d’accepter enfin d’étudier la question de la traite durant le Grand Prix de Formule 1 de Montréal. Les femmes qui fréquentent la CLES, qu’elles soient encore dans l’industrie, qu’elles tentent de la quitter ou qu’elles en soient sorties nous le disent depuis des années : le recrutement de jeunes femmes s’intensifie toujours à quelques semaines de cet événement. Des proxénètes proposent aux femmes d’être escorte ou hôtesse; de faire un coup d’argent rapide et de vivre une fin de semaine de luxe et de « glamour » en jouant les «girlfriend experience». Mais au final, c’est de prostitution dont il est question.

Les femmes qui fréquentent notre organisme nous informent que pour répondre à cette hausse de la «demande» lors du Grand Prix, des femmes venues d’Ontario et des Etats-Unis sont amenées à Montréal pendant cette fin de semaine.
Pendant le Grand Prix, Montréal devient plus que jamais une plaque tournante de l’exploitation et de la traite, une ville où on peut payer pour des services sexuels en un claquement de doigt et un lieu connu internationalement pour son tourisme sexuel. Une simple recherche internet permet de réserver des forfaits incluant des accès gratuits à des bars de danseuses, des fêtes privées avec présence de «mannequins», etc. Une recherche sur kijiji permet rapidement de trouver des dizaines d’annonces douteuses comme celle-ci : http://www.kijiji.ca/v-emploi-etudiant-temps-partiel/ville-de-montreal/recherche-barmaid-grand-prix/1264098738?enableSearchNavigationFlag=true

Depuis plusieurs années, la CLES dénonce la banalisation de l’exploitation sexuelle qui a cours durant le Grand Prix et le tourisme sexuel qui lui est inhérent. Nous suivrons de près les démarches du Conseil des Montréalaises et accueillons avec soulagement la promesse de madame Cathy Wong de consulter la CLES pour d’éventuels témoignages de femmes ayant un vécu en lien avec la prostitution. Nous saluons également la décision du premier ministre Trudeau de mettre à profit l’expertise de la GRC, qui connait bien le phénomène de la traite des personnes à des fins de prostitution.

La Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES) est un organisme féministe québécois créé en 2005, qui regroupe plusieurs groupes alliés comme le Collectif d’aide aux femmes exploitées sexuellement (CAFES), la Maison de Marthe, la Maison d’Haïti, le Regroupement québécois des Centres d’action et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS), le Y des femmes de Montréal (YWCA), le Comité contre la traite humaine interne et internationale (CATHII), le Bureau de la communauté haïtienne de Montréal (BCHM), la Fédération des enseignantes et enseignants de cegeps (CSQ), la Confédération des syndicats nationaux (CSN) ou encore SOS Violence conjugale. Notre mission se décline en trois grands volets : le soutien direct auprès des femmes ayant un vécu en lien avec la prostitution (aide juridique, groupes de soutien, etc.), la sensibilisation, la formation et la recherche et l’action politique.

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Source et informations : Martine B. Côté

Responsable des communications

514-978-5997

Montréal, le vendredi 21 avril 2017 – La Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES) souligne la mise sur pied, enfin, de moyens concrets pour lutter contre l’exploitation sexuelle, plus de deux ans après l’entrée en vigueur de la Loi sur la protection des collectivités et des victimes d’exploitation.

Cette loi a été adoptée après des années de lutte de la part de groupes de survivantes, de groupes d’intervention de première ligne et de féministes abolitionnistes de tous horizons qui souhaitaient voir l’État combattre activement l’exploitation sexuelle des femmes et des filles.

Jusqu’à maintenant, on a vu très peu d’interventions ciblant les clients et celles qu’on a vues ciblaient uniquement les clients de prostitution mineures alors que tous les clients, que la personne prostituée ait 16, 18 ou 30 ans, posent un geste criminel en achetant les services sexuels d’autrui. En confirmant son intention de cibler les personnes qui consomment ces services sexuels, le gouvernement fait enfin un pas vers la diminution de la demande, donc vers moins de recrutement et moins de personnes en situation de prostitution.

La CLES implore cependant les corps policiers de consulter, en amont et pendant tout le processus, les organismes qui accompagnent les femmes dans leurs démarches de sortie de la prostitution. Seul un travail concerté permettra aux femmes de bénéficier des démarches policières pour contrer l’exploitation et la traite. Aussi, nous espérons que le gouvernement dans son intention de réduire « les avantages financiers liés à l’exploitation sexuelle d’autrui par la récupération maximale des bénéfices issus de cette activité illégale », permettra que ces sommes retournent aux femmes, sur le dos desquelles elles ont été gagnées. Des hommes ont brisé des vies de femmes pour s’enrichir : l’argent doit être versé aux organismes, sous-financés, qui soutiennent les femmes et les accompagnent dans leur sortie de ce milieu. Quand elles réussissent en sortir, c’est dans un état de pauvreté et souvent, d’endettement, très sévère.

La CLES se réjouit du fait que l’équipe d’enquêteurs spécialisés se déploiera sur une grande partie du territoire Québécois, mais espère vivement qu’il y ait collaboration avec les provinces : les femmes dans la prostitution sont presque toujours déplacées d’un lieu à un autre pour les vulnérabiliser et pour que leurs proches perdent leur trace.

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 Contact médias

Martine B. Côté

martine.b.cote@lacles.org

Téléphone : 514-750-4535

Communiqué allié : La communauté mondiale rejette la banalisation de la violence dans le film Cinquante nuances plus sombres

Les campagnes #50DollarsPas50Nuances et #50NuancesAgression en appellent au soutien des organismes de défense des droits des femmes

London (Ontario), 1er février 2017 – London Abused Women’s Centre (Canada), Collective Shout (Australie), Culture Reframed (États-Unis) et National Center on Sexual Exploitation (NCOSE) (États-Unis) collaborent pour la deuxième fois en vue de rejeter la banalisation de la violence et l’exploitation des femmes dépeintes dans le film Cinquante nuances plus sombres (Fifty Shades Darker). De nombreux groupes de par le monde dénoncent la trilogie Cinquante nuances avant la sortie du film Cinquante nuances plus sombres, le 10 février 2017.

La page Facebook de la campagne, souligne comment la série Cinquante nuances (fondée sur les livres d’E.L. James), banalise, voire magnifie, la violence sexuelle et familiale. La page de la campagne propose aussi plusieurs mesures que le public peut prendre, comme les mèmes des médias sociaux ou un don de 50 dollars – ou n’importe quel autre montant –, au profit des organismes de défense des droits de la femme, comme les refuges ou les centres d’aide, et l’utilisation du mot-clic #50DollarsPas50Nuances en vue de promouvoir la campagne de don.

London Abused Women Centre, Shout Collective, Culture Reframed et National Center on Sexual Exploitation ont publié un communiqué de presse commun déclarant : « Les filles qui naissent aujourd’hui en Amérique du Nord courent 50 pour cent de risque d’être maltraitées physiquement ou sexuellement. Elles naissent dans la culture de la pornographie qui ne tient pas compte du consentement. Dans la vraie vie, les hommes utilisent les mêmes tactiques que Christian Grey, héros de la trilogie Cinquante nuances, pour exercer et affirmer leur emprise sur les femmes dans leur vie. Cela inclut l’isolement, les menaces, les agressions physiques et sexuelles. CELA n’est pas du divertissement. CELA n’est pas émoustillant. CELA porte un préjudice grave aux femmes et peut, dans le pire des cas, aboutir à un meurtre. »

En 2015, lorsque le premier film de cette trilogie est sorti, la campagne s’est propagée rapidement. Cette fois aussi, les organismes partenaires invitent le public à soutenir les survivantes de la violence masculine et à contribuer à informer le public sur les réalités des relations du type Cinquante nuances.


Pour organiser une entrevue avec :

National Center on Sexual Exploitation – veuillez communiquer avec Haley Halverson au 202 393-7245 ou à haley@ncose.com
Culture Reframed – veuillez communiquer avec la Dre Gail Dines au 617 733-6915 ou à gdines@culturereframed.org
Collective Shout – veuillez communiquer avec Caitlin Roper au 0418 437 420 ou à caitlin@collectiveshout.org
London Abused Women’s Centre – veuillez communiquer avec Jennifer Dunn au 519 432-2204 ou à jen@lawc.on.ca, ou avec Megan Walker au 519 432-2204 ou à mwalker@lawc.on.ca