Archives de catégorie : Publications, statistiques et recherches

Une étude majeure sur les conséquences de la prostitution

La face cachée de la prostitution : une étude des conséquences de la prostitution sur le développement et le bien-être des filles et des femmes

C’est une recherche majeure réalisée par une équipe de sept chercheures de plusieurs universités québécoises qui a été dévoilée cette semaine. On y lit des témoignages éclairants sur les conséquences de la prostitution et sur la difficulté de quitter le milieu. Un des constats de l’étude : « la prostitution ne peut plus être considérée que comme un libre-choix individuel. Les conditions sociales dans lesquelles évoluent les femmes en situation de prostitution et les violences auxquelles ces femmes sont exposées doivent également faire partie de l’équation. »

À lire!

Femmes victimes de violence et système de justice pénale : expériences, obstacles et pistes de solution

Fruit d’une recherche financée en 2016 par le Fonds d’aide aux victimes d’actes criminels dans le cadre du Programme de subvention pour favoriser la recherche, l’information, la sensibilisation et la formation en matière d’aide aux victimes d’actes criminels, le rapport de recherche Femmes victimes de violence et système de justice pénale : expériences, obstacles et pistes de solution porte sur les lacunes du système de justice pénale en matière de violence envers les femmes. Il s’appuie sur les témoignages de 52 femmes victimes de violence conjugale, d’agressions sexuelles ou d’exploitation sexuelle, vivant dans 10 des 17 régions administratives du Québec ayant généreusement partagé leur parcours dans le système judiciaire

Ce projet de recherche a été réalisé en partenariat avec quatre regroupements féministes québécois luttant contre la violence à l’égard des femmes (Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, Fédération des maisons d’hébergement pour femmes, Regroupement québécois des Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel et la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle) soutenus par le Service aux collectivités de l’Université du Québec à Montréal (SAC-UQAM), ainsi par des chercheur.e.s de différentes universités (Rachel Chagnon et Myriam Dubé, UQAM ; Marie-Marthe Cousineau, Université de Montréal ; Simon Lapierre et Elizabeth Sheehy, Université d’Ottawa).

Consultez le rapport de recherche sur le site du SAC-UQAM

 

S’outiller pour mieux comprendre

Guide destiné aux proches des victimes d’exploitation sexuelle

La CLES offre du soutien aux proches des victimes d’exploitation sexuelle depuis maintenant quelques années. Au fil des rencontre de groupe de soutien avec les proches, la nécessité de produire un outil spécifique, s’adressant tant aux proches qu’aux intervenantEs a émergé. C’est ainsi qu’est né le guide “S’outiller pour mieux comprendre”.

Disponible en téléchargement ci-bas, il est également disponible en version papier, sur demande.

S’outiller pour mieux comprendre

Guide d’information destiné aux proches des victimes d’exploitation sexuelle

Dépliant d’information à l’intention des femmes dans l’industrie du sexe

Voici notre dépliant d’information destinés aux femmes dans l’industrie du sexe. Ce dépliant de 16 pages s’adresse spécifiquement aux femmes qui sont aux prises avec la prostitution afin de les informer de leurs droits et des ressources qui leur sont disponibles. Il a été réalisé par une paire-aidante contractuelle à la CLES dans le cadre d’une subvention de Justice Canada. Vous pouvez consulter le document en ligne ou encore nous contacter pour obtenir des copies papiers pour les femmes qui fréquentent votre organisme.

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Dépliant d’information à l’intention des femmes dans l’industrie du sexe

Modèle de services intégrés pour intervenir auprès des femmes dans la prostitution

La CLES rend disponible son modèle de services intégrés pour intervenir auprès des femmes dans la prostitution intitulé Pour mieux s’en sortir : connaître les réalités, être soutenues et avoir des alternatives.

L’idée de développer un modèle de services à partir de la parole des femmes est née suite à la réalisation des recherches Connaître les besoins des femmes qui ont un vécu dans l’industrie du sexe pour mieux baliser les services (menée auprès de 109 femmes étant ou ayant été dans la prostitution) et Portrait de l’industrie du sexe au Québec, toutes deux parues en 2014.

Partant des constats contenus dans ces recherches, nous avons voulu savoir comment les intervenantEs voyaient leur intervention auprès des femmes dans la prostitution et quels étaient leurs besoins. Nous avons ainsi réalisé un sondage auprès d’une vingtaine d’organismes offrant des services ou étant en contact avec des femmes dans la prostitution.

En plus de ce sondage et des recherches, un comité aviseur a également éclairé la démarche de la CLES qui a mené à la réalisation du modèle de service Pour mieux s’en sortir : connaître les réalités, être soutenues et avoir des alternatives.

Il ne s’agit pas d’une recette toute faite, mais bel et bien d’un point de départ pour une réflexion en profondeur des pratiques de votre organisme ou de votre milieu afin de mieux répondre aux besoins criants des femmes. Il se veut un outil pour tout groupe ou institution souhaitant réfléchir à son intervention et renouveler ses pratiques.

Bonne lecture !

modèle de service

Télécharger le Modèle de services intégrés pour intervenir auprès des femmes dans la prostitution
Pour mieux s’en sortir: connaitre les réalités, être soutenues et avoir des alternatives

Mémoire de la CLES dans le cadre de la Commission parlementaire sur les agressions sexuelles

La CLES a déposé un mémoire devant la Commission des relations avec les citoyens, dans le cadre des consultations particulières portant sur le Rapport sur la mise en œuvre du plan d’action gouvernemental 2008-2013 en matière d’agression sexuelle. Vous pouvez consulter ce mémoire ici. La CLES a également témoigné devant la Commission parlementaire, mardi le 24 mars 2015.

Mémoire

Violence envers les femmes, pierre angulaire de la domination masculine
Mémoire présenté à la Commission des relations avec les citoyens dans le cadre des consultations particulières sur le plan d’action gouvernemental 2008-2013 en matière d’agression sexuelle.

Mémoire présenté au Comité permanent de la justice et des droits de la personne

La CLES a témoigné en juillet dernier devant le Comité permanent de la justice et des droits de la personne dans le cadre des audiences sur le projet de loi C-36 sur la protection des collectivités et des personnes victimes d’exploitation. En plus de son témoignage, la CLES a également déposé un mémoire exposant son appui et ses demandes de modification audit projet de loi. Il est disponible ici:

Mémoire présenté par la CLES au Comité permanent de la justice et des droits de la personne, juillet 2014

Portrait de l’industrie du sexe et des besoins des femmes ayant un vécu en lien avec la prostitution

Le Portrait de l’industrie du sexe est une réédition et une bonification du portrait déjà réalisé par la CLES en 2011. Cette fois, non seulement le grand Montréal mais aussi les villes de Chicoutimi, Gatineau, Sherbrooke et Val d’Or ont été étudiées afin d’en savoir davantage sur les lieux de l’industrie du sexe au Québec et de dresser un portrait de cette industrie qui fleurit au détriment des femmes.

Le rapport de recherche du Portrait de l’industrie du sexe est en vente à la CLES au coût de 15$

 

Afin de Connaitre les besoins des femmes qui ont un vécu dans l’industrie du sexe pour mieux baliser les services, les chercheures et enquêtrices de la CLES ont rencontré 109 femmes, de partout au Québec, étant dans l’industrie du sexe ou l’ayant été. Le résultat est un portrait éclairant d’une population trop méconnue qui aidera à réaliser un modèle de service spécifique aux femmes ayant un vécu en lien avec la prostitution.

Le rapport de recherche Connaitre les besoins des femmes qui ont un vécu dans l’industrie du sexe pour mieux baliser les services est en vente à la CLES au coût de 25$

Résultats préliminaires de deux recherches sur les besoins des femmes et les lieux de l’industrie du sexe

La CLES présentait lundi 2 décembre dernier, en conférence de presse, les résultats préliminaires de deux recherches qu’elle a mené au cours de la dernière année, l’une portant sur les lieux de l’industrie du sexe à Montréal et l’autre sur les besoins des femmes dans la prostitution. Cette conférence de presse survenait à la veille des rencontres montréalaises du comité interministériel sur l’exploitation sexuelle auxquelles la CLES était conviée les 3 et 4 décembre.

Vous trouverez ci-bas les liens vers le contenu de la pochette de presse qui fut remise aux journalistes. Il s’agit du communiqué de presse, du document présentant les résultats préliminaires ainsi que les recommandations faites par la CLES au comité interministériel sur l’exploitation sexuelle, de la carte des lieux de l’industrie du sexe à Montréal et d’un tableau présentant ces lieux par quartier.

Vous trouverez aussi une liste non-exhaustives de liens vers les différents articles portant sur notre conférence de presse.

Contenu de la pochette de presse:

Communiqué de presse

Présentation de la CLES au comité interministériel sur l’exploitation sexuelle

Carte des lieux de l’industrie du sexe à Montréal

Tableau présentant les lieux de l’industrie du sexe par quartier

Articles reliés:

TVA Extrait de la conférence de presse

Radio de Radio-Canada Entrevue 2 décembre, 16h45

Le Devoir “Étude – Les femmes entrent dans la prostitution très jeunes, souvent mineures”

La Presse “Le marché du sexe à Montréal pas facile de s’en sortir”

24h “Salons de massage: industrie florissante à Montréal”

Journal de Montréal “Sexe et pédophilie: l’industrie de la prostitution est florissante à Montréal”

Le Soleil “L’industrie du sexe en hausse”

Radio-Canada “Une nouvelle ressources d’aide aux femmes prostituées de Val d’Or pourrait voir le jour”

Pourquoi décriminaliser la prostitution n’est pas une solution

Par Laura Johnston

Laura Johnston était étudiante en droit lors de la rédaction de ce texte. Elle a travaillé pour Janine Benedet, l’avocate de la Coalition des femmes pour l’abolition de la prostitution, une des parties ayant eu statut d’intervenante dans le pourvoi en appel de la décision Bedford c. Canada, entendu par la Cour d’appel de l’Ontario en juin 2011. Elle est désormais avocate.

L’argument selon lequel décriminaliser la prostitution améliorerait les conditions des femmes prostituées semble intéressant à première vue. La première fois que je l’ai entendu, j’ai pensé que cela avait du bon sens. Mais quand j’ai commencé à travailler bénévolement dans un centre d’aide aux victimes de viol et dans une maison d’hébergement et que j’ai rencontré des femmes en situation de prostitution, j’ai compris que la décriminalisation ne résoudrait pas les problèmes réels grevant la vie des femmes. Ce texte constitue mon analyse de mes expériences d’intervenante de première ligne et de mon travail dans le dossier Bedford c. Canada. Je vais soutenir que la notion voulant que l’on puisse assurer plus de sécurité aux femmes en décriminalisant la prostitution repose sur un certain nombre de contre-vérités. Je ne pense pas que la position adoptée par les requérantes ou celle du gouvernement vont aider les femmes prostituées et, en conclusion, je vais parler d’une troisième solution, proposée par l’intervenante pour qui j’ai fait des recherches, la Coalition des femmes pour l’abolition de la prostitution.

La preuve déposée au procès comprenait 88 volumes, soit plus de 26 000 pages, incluant des recherches, des articles, des rapports et des affidavits déposés par des témoins experts et par des femmes possédant une expérience de la prostitution. Tous les éléments de preuve que je cite dans le présent article sont tirés du dossier public du procès.

Je veux mentionner brièvement que je vais utiliser le terme de « femmes prostituées ». Je reconnais que certaines personnes prostituées sont des hommes et des transgenres. Toutefois, la grande majorité des personnes prostituées sont des femmes, et la grande majorité des proxénètes et des prostitueurs (« clients ») sont des hommes. Neutraliser à l’égard du genre les mots de la prostitution équivaut à occulter le fait que la prostitution est une industrie genrée. J’utilise également le mot « prostituées » parce que j’ai été invitée par des femmes ayant une expérience de la prostitution à utiliser ce mot, plutôt que de normaliser le tort qui leur a été fait en utilisant un langage qui suggère qu’il s’agit d’un travail comme un autre. Mais je l’utilise aussi pour refléter le fait que la prostitution est en grande partie quelque chose qui est fait à des femmes par les choix et les actions d’hommes.

Contre-vérité No 1 – Cette affaire concerne la majorité des femmes prostituées.

Alan Young, l’avocat des requérantes, a facilement concédé que les arguments des requérantes ne s’appliquaient pas à la majorité des femmes en prostitution. Lorsqu’un des juges de la Cour d’appel l’a interrompu avec le commentaire que ses arguments semblaient prendre pour acquis que les femmes étaient de leur plein gré dans l’industrie, il a répondu : «Certaines travailleuses du sexe n’ont pas le choix; pour certaines, c’est un choix. L’important est qu’il y a des gens – 5, 10, 20% de ce groupe – qui veulent se livrer au travail du sexe et à qui la loi ne le permet pas. » Le juge a alors demandé en quoi son argument concernait les femmes ayant été contraintes à la prostitution. Young a répondu : « Il ne le fait pas. C’est là un problème social que doivent résoudre les organismes d’assistance sociale et les travailleurs sociaux. Je ne veux pas sembler désinvolte, mais nous ne sommes pas ici pour résoudre une situation de crise. »

Le juge lui a alors demandé : « Donc ce que vous affirmez aujourd’hui ne s’applique qu’aux femmes qui sont de leur plein gré dans l’industrie? »

Et Young a répondu : « Très certainement. »

Les estimations de Young quant à la proportion des femmes pour qui la prostitution est un choix volontaire pourraient bien s’avérer exactes. Dans une recherche déposée au procès et menée auprès de 989 femmes dans 9 pays, dont le Canada, 89% des femmes interviewées ont dit vouloir quitter la prostitution. Dans une autre étude, également déposée au procès et menée dans le quartier Downtown Eastside de Vancouver, 92% des femmes prostituées interviewées ont déclaré souhaiter quitter la prostitution.

Traits communs aux femmes prostituées

Quelles sont les forces qui maintiennent la majorité des femmes dans la prostitution, alors qu’elles disent vouloir en sortir? Il était clair à la lecture des recherches versées au dossier d’instruction et des affidavits déposés par les femmes, que les femmes prostituées ont beaucoup de choses en commun. Presque toutes les femmes ont témoigné que la pauvreté était la raison de leur entrée dans la prostitution. Terri-Jean Bedford a déclaré, lors du contre-interrogatoire : « La pauvreté vous gruge les talons. » Une autre femme qui a déposé un affidavit en appui aux requérantes a déclaré qu’elle tentait d’élever un enfant ayant de graves problèmes cardiaques, et que l’aide sociale ne suffisait pas à ses besoins. L’âge moyen d’entrée dans la prostitution a été signalé comme étant de 14 et 15 ans dans les recherches versées au dossier. Beaucoup des femmes ayant déposé des affidavits avaient été prostituées à l’adolescence – en fait, deux des requérantesétaient mineures, et la troisième avait 18 ans. Les femmes autochtones et les femmes « racialisées » sont surreprésentées dans l’industrie de la prostitution. Bon nombre des femmes prostituées ont été victimes d’inceste ou molestées au cours de leur enfance. Beaucoup d’entre elles ont été retirées de leur famille dans l’enfance et prises en charge par l’État. Elles ont généralement de faibles niveaux d’éducation – beaucoup des femmes qui ont déposé des affidavits n’avaient pas terminé leur cours secondaire. Et ce ne sont là que quelques-uns des facteurs qui entretiennent la prostitution des femmes.

Les lois concernant la prostitution peuvent aussi limiter ou faciliter la capacité des femmes de sortir de la prostitution. Criminaliser les femmes prostituées contribue à les maintenir dans la prostitution et n’est pas une solution. Une femme, qui a été reconnue coupable d’une infraction liée à la prostitution, rencontre encore plus d’obstacles pour sortir de la prostitution et de restrictions sur d’éventuels emplois quand elle possède un casier judiciaire.

Cependant, je réfute l’affirmation des requérantes à l’effet qu’une dépénalisation des clients et des proxénètes n’aura aucun effet sur la majorité des femmes. Je pense que supprimer la possibilité de sanctionner les actions des hommes dans l’industrie de la prostitution augmentera les torts causés à la grande majorité des femmes qui veulent en sortir. Des éléments de preuve de l’expérience d’autres pays montrent que supprimer le facteur de dissuasion pénale pour les hommes conduit à une demande accrue de prostitution et à une prolifération des industries de la prostitution légale et illégale. Pourquoi alors centrer le droit sur les 10% de femmes qui disent vouloir continuer dans la prostitution, plutôt que sur les 90% qui disent vouloir en sortir?

Contre-vérité No 2 – La décriminalisation poussera les femmes de la prostitution de rue à la prostitution à l’intérieur.

Les requérantes soutiennent que la prostitution de rue est la pire forme de prostitution, et que les femmes prostituées dans la rue pourront se déplacer à l’intérieur après la décriminalisation. Toutefois, les éléments de preuve issus d’autres pays qui ont décriminalisé les bordels montrent que les femmes prostituées dans la rue ne se déplacent pas vers une prostitution à l’intérieur. La juge Himel elle-même, auteure de la décision de première instance qui est portée en appel, a remarqué qu’« alors que l’on espérait que le PRA (Prostitution Reform Act, 2003, de la Nouvelle-Zélande) amènerait les prostituées de rue (11 pour cent du commerce du sexe en Nouvelle-Zélande) à se déplacer à l’intérieur, des éléments probants indiquent qu’il se fait peu de mouvement entre la rue et les secteurs de l’industrie où la prostitution est pratiquée à l’intérieur » (Traduction). Il est également clair, à la lecture du dossier, que la légalisation de la prostitution aux Pays-Bas n’a pas atteint son objectif d’éliminer la prostitution de rue. À Amsterdam, il existe des zones bien délimitées pour la prostitution de rue, y compris des abris en béton où les hommes peuvent entrer en voiture pour utiliser des femmes prostituées. La juge Himel a noté la « sécurité » de ces abris, en soulignant que les femmes pourraient être en mesure de s’entendre crier l’une l’autre si elles sont aux prises avec un prostitueur violent.

Beaucoup de femmes ayant une expérience de la prostitution m’ont dit que la première règle imposée aux femmes dans un bordel, c’est que vous ne pouvez avoir bu ou pris de la drogue. Et les femmes prostituées dans les bordels légaux doivent subir périodiquement des tests de dépistage d’infections sexuellement transmissibles. (Pourtant, aucun régime légalisé de prostitution n’exige des prostitueurs de subir ces contrôles d’IST.) Compte tenu que beaucoup de femmes prostituées dans la rue sont aux prises avec des dépendances et des maladies, il est douteux qu’elles seraient même acceptées dans des bordels.

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