Communiqué : Création d’une escouade mixte pour lutter contre le proxénétisme : enfin!

Montréal, le vendredi 21 avril 2017 – La Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES) souligne la mise sur pied, enfin, de moyens concrets pour lutter contre l’exploitation sexuelle, plus de deux ans après l’entrée en vigueur de la Loi sur la protection des collectivités et des victimes d’exploitation.

Cette loi a été adoptée après des années de lutte de la part de groupes de survivantes, de groupes d’intervention de première ligne et de féministes abolitionnistes de tous horizons qui souhaitaient voir l’État combattre activement l’exploitation sexuelle des femmes et des filles.

Jusqu’à maintenant, on a vu très peu d’interventions ciblant les clients et celles qu’on a vues ciblaient uniquement les clients de prostitution mineures alors que tous les clients, que la personne prostituée ait 16, 18 ou 30 ans, posent un geste criminel en achetant les services sexuels d’autrui. En confirmant son intention de cibler les personnes qui consomment ces services sexuels, le gouvernement fait enfin un pas vers la diminution de la demande, donc vers moins de recrutement et moins de personnes en situation de prostitution.

La CLES implore cependant les corps policiers de consulter, en amont et pendant tout le processus, les organismes qui accompagnent les femmes dans leurs démarches de sortie de la prostitution. Seul un travail concerté permettra aux femmes de bénéficier des démarches policières pour contrer l’exploitation et la traite. Aussi, nous espérons que le gouvernement dans son intention de réduire « les avantages financiers liés à l’exploitation sexuelle d’autrui par la récupération maximale des bénéfices issus de cette activité illégale », permettra que ces sommes retournent aux femmes, sur le dos desquelles elles ont été gagnées. Des hommes ont brisé des vies de femmes pour s’enrichir : l’argent doit être versé aux organismes, sous-financés, qui soutiennent les femmes et les accompagnent dans leur sortie de ce milieu. Quand elles réussissent en sortir, c’est dans un état de pauvreté et souvent, d’endettement, très sévère.

La CLES se réjouit du fait que l’équipe d’enquêteurs spécialisés se déploiera sur une grande partie du territoire Québécois, mais espère vivement qu’il y ait collaboration avec les provinces : les femmes dans la prostitution sont presque toujours déplacées d’un lieu à un autre pour les vulnérabiliser et pour que leurs proches perdent leur trace.

-30-

 Contact médias

Martine B. Côté

martine.b.cote@lacles.org

Téléphone : 514-750-4535