Communiqué: La banalisation de la prostitution tue des femmes de tout âge

Montréal, le 24 janvier 2020 – La Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle tient tout d’abord à manifester sa solidarité envers toutes les femmes fréquentant notre organisme et toutes les femmes aux prises avec la prostitution qui, dans la matinée du 24 janvier, ont été replongées dans leurs expériences les plus douloureuses et leurs traumatismes les plus persistants.

C’est avec stupéfaction que nous apprenons que l’homme ayant reconnu avoir tué une jeune femme à Ste-Foy, aurait bénéficié d’une “stratégie “ de réinsertion sociale de la part d’une agence correctionnelle afin d’acheter, en toute impunité, des actes sexuels. En d’autres mots, on aurait accepté de se servir de femmes dans l’industrie du sexe pour vérifier la capacité de cet homme ayant fait montre d’une violence meurtrière envers les femmes par le passé de réintégrer la société!

Plus tôt cette semaine, nous étions à la Commission spéciale sur l’exploitation sexuelle des mineur.e.s. Nous invitions les commissaires à reconnaître que nous sommes devant un choix de société. Bien au-delà des débats sur la légitimité de cette pratique d’acheter des actes sexuels, bien au-delà des appels à accepter que cette industrie puisse être “émancipatrice” pour les femmes peu importe leur âge, bien au-delà des chroniques défendant l’industrie du sexe au nom de la sécurité des femmes dans la prostitution, nous devons reconnaître que la triste réalité de la violence de la prostitution nous a rattrapé.

L’idée même qu’un plan correctionnel puisse contenir une telle stratégie devrait nous alerter au plus haut point. Nous sommes allées dire aux commissaires qu’après plus de 15 années de tergiversations, de débats et de plans d’action, nous devons nous attaquer aux fondements même de la violence que représente l’achat d’actes sexuels et offrir de réelles alternatives pour les femmes dont des programmes de soutien à la sortie de la prostitution.

Comme l’affirmait Diane Matte, l’une des fondatrices de la CLES, “il nous faut, comme société, sortir de la prostitution, car sa banalisation tue des femmes de tout âge.”

La CLES est un organisme terrain soutenant les femmes dans la prostitution peu importe si elles veulent en sortir ou non. Depuis 15 ans, nous portons leur parole et réclamons, pour toutes les femmes, des changements légaux et sociaux afin de mettre fin à toutes formes de violence envers les femmes.

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Pour information:
Jennie-Laure Sully
438-933-6584