Communiqué: La CLES souligne l’entrée en vigueur de la Loi sur la protection des collectivités et des victimes d’exploitation

Montréal, le vendredi 5 décembre 2014 – La Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES) tient à souligner l’entrée en vigueur de la Loi sur la protection des collectivités et des victimes d’exploitation, ce samedi 6 décembre, journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes. Il s’agit d’une première en Amérique du Nord et d’un pas important pour la lutte contre la violence envers les femmes

Il est particulier que ces deux évènements coïncident et il est normal que l’attention médiatique et la mobilisation se concentrent sur le funeste anniversaire mais il demeure nécessaire, au milieu de la douleur, de souligner l’avancement que représente l’entrée en vigueur de cette loi sur la prostitution pour les droits des femmes. Après de longues années à faire changer les mentalités et les pratiques, à demander des changements légaux à tous les paliers de gouvernement et à travailler au quotidien à soutenir les femmes souffrant d’être ou d’avoir été prostituées, la CLES ne peut que se réjouir du changement de paradigme apporté par la nouvelle loi. Enfin, la prostitution n’est plus considérée comme un crime sans victime, enfin ce privilège masculin d’accéder au corps d’autrui en achetant son consentement est révolu.

La CLES déplore que le 6 décembre, jour de mémoire et de lutte contre la violence des hommes envers les femmes soit récupéré par les tenants de l’industrie du sexe qui utilisent les mots-clics #6décembre pour critiquer l’entrée en vigueur de #C36 et réclamer la décriminalisation d’une industrie violente, misogyne et raciste. Pourtant, comme l’expérience du registre des armes à feu l’a démontré, c’est davantage de contrôle et des mesures sociales et légales claires qui contribuent à protéger les femmes de la violence des hommes et non l’impunité et le laisser-faire.

Comme le soulignait Andrea Dworkin, grande féministe américaine et figure de proue du mouvement abolitionniste, dans son discours à Polytechnique un an après le massacre : « Nous devons être les femmes qui s’interposent entre les hommes et les femmes à qui ils veulent faire mal. Nous devons mettre fin à l’impunité des hommes, car c’est cela qu’ils possèdent, l’impunité de faire mal aux femmes de toutes les façons dont ils nous font systématiquement mal ». L’entrée en vigueur de la Loi sur la protection des collectivités et des victimes d’exploitation est une victoire contre cette impunité. L’achat et la vente des services sexuels d’autrui sont dorénavant illégaux au Canada et on ne peut que s’en féliciter. Il importera désormais de s’assurer, dans la mise en application de la loi, que le soutien pour les femmes souhaitant sortir de cette violence qu’est la prostitution soit au rendez-vous et que les gouvernements s’engagent à lutter contre l’appauvrissement des femmes qui trop souvent les mène vers la prostitution et les y maintien.