Lettre: Des milliers de personnes réagissent à un concours de danse érotique

Montréal, jeudi le 11 décembre 2008

Gagner une paire de seins, à quel prix ?

Et si c’était votre fille, votre sœur, votre amie, votre nièce, votre conjointe,… comment réagiriez-vous au fait qu’on l’incite « amicalement » à la danse érotique ? Une invitation à entrer dans l’industrie du sexe qui est tout, sauf amicale. Une invitation à marchander son corps comme un bien de consommation ou d’exploitation. Un corps qu’on voudra ensuite transformer, modeler, charcuter pour correspondre aux canons de beauté en vogue. Certains diront que l’on exagère. Pourtant une publicité pleine page en novembre 2008 dans un journal local des Laurentides, invitait les demoiselles à un concours amical de danseuses en lingerie : « Vos performances ou plus encore, à votre discrétion ». Le concours que l’on pourrait également qualifier de recrutement, est organisé par un bar de danseuses nues. Vous voyez le lien avec l’industrie du sexe ?

Une industrie, faut-il le rappeler, où des femmes et même des enfants, sont exploitéEs sexuellement, violentéEs, mépriséEs, bafouéEs, trafiquéEs,… pour répondre à la demande d’une industrie florissante. L’industrie du sexe est une activité économique très lucrative. Elle génère des profits faramineux, notamment pour les organisations criminelles et ce, au détriment des femmes et des enfants qui y sont exploitéEs comme de vulgaires marchandises.

Et quel est le prix de ce concours au goût plus que douteux ? La « chanceuse se méritera une augmentation mammaire ». Rien de moins ! Depuis quand fait-on tirer des chirurgies au Québec ? Cette pratique est-elle légale ? Courante ? Acceptable ? Enfin, ce n’est certainement pas éthique ni responsable puisque sont connus les risques pour la santé d’une telle chirurgie.

Il y a entre autres, des risques anesthésiques, hémorragiques, infectieux, cicatriciels, pour ne nommer que ceux-là. Faire un tirage banalise un acte médical qui devrait pourtant être considéré avec le plus grand sérieux. Un médecin a déjà dit pour dénoncer ce genre de pratique : « un corps humain n’est pas une auto de luxe dont on change les morceaux comme bon nous semble ». Saviez-vous que lorsqu’une femme opte pour ce genre de chirurgie elle risque par le fait même, de subir une série d’opérations puisqu’elle devra retourner sous le bistouri à tous les 10 ou 15 ans ?

Ce concours est un bel exemple de la pornographisation de la société. Il banalise et encourage les jeunes filles à aller s’exhiber nues ou en petites tenues, comme si c’était un comportement anodin et sans conséquence. Dans notre société hypersexualisée, la pornographie envahit l’espace public et privé ; elle transgresse continuellement les frontières de l’intimité ; elle sème la confusion ; elle augmente notre tolérance de ce qui est inacceptable ; elle nous fait perdre nos repères…

Dans quel genre de société, voulons-nous vivre ? Quel monde voulons-nous léguer à nos enfants ? Il nous appartient, à tous et à toutes, de nous questionner, de tenter de connaître les impacts de l’industrie du sexe qui exploite femmes et enfants, afin de nous positionner et d’agir en conséquence.

Chantal Dubois pour le Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel –Laurentides (CALACS-Laurentides),

Lydya Assayag pour le Réseau Québécois d’action pour la santé des femmes (RQASF),

Regroupement québécois des CALACS,

Coalition nationale contre les publicités sexistes (CNCPS),

Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES),

Regroupement des organismes communautaires des Laurentides (ROCL),

Réseau des femmes des Laurentides (RFL),

Guy Veillette, Président du Syndicat de l’enseignement de la région de Drummondville,

L’Élan CALACS,

CALACS la Chrysalide,

CALACS de Charlevoix,

CALAS de l’Outaouais,

CALACS de Rimouski,

Assaut sexuel secours,

Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (C.A.L.A.C.S) La Vigie,

Mouvement contre le viol et l’inceste (MCVI),

Centre de femmes La Mouvance,

Centre de femmes Les unes les autres,

Centre de femmes de Charlevoix,

Centre de femmes Liber’Elles de Mirabel,

Centre de femmes L’Étincelle de Baie-Comeau,

Centre Entre-femmes Rouyn-Noranda,

Maison des femmes de Rimouski,

Comité local d’action contre l’hypersexualisation de Rimouski,

Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle d’Abitibi-Témiscamingue

Après l’envoi dans les médias, les appuis continuent :

Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ); CALACS Entre-Elles au Lac St-Jean; Journal Le Nord; Madame Montreuil de Saint-Jérôme; Maison d’hébergement Carrefour pour Elle; Re.nou.vie