Fugueuse : quand la réalité dépasse la fiction … Il y a des ressources !

Montréal, le 9 mars 2018 – Dans le contexte où la série Fugueuse suscite beaucoup d’émotions parmi ses téléspectateurs, les membres de la Coalition québécoise contre la traite des personnes (CQCTP) souhaitent rappeler que de nombreuses ressources existent au Québec afin de prévenir et contrer l’exploitation sexuelle des femmes et des filles.

Depuis janvier, un million et demi de personnes suivent la série Fugueuse. Les situations présentées dans cette fiction suscitent beaucoup de curiosité et de peur au sujet de l’exploitation sexuelle de jeunes femmes par des proxénètes. Il est intéressant qu’une telle émission populaire engendre des discussions dans les familles et les écoles et permettent enfin d’aborder de telles problématiques, généralement taboues. Il est important que l’opinion publique se saisisse de ces questions pour demander clairement et fortement des réponses politiques et financières durables qui soient à la hauteur des besoins. En effet, plusieurs organismes, depuis le début de la série, font face à une augmentation importante de demandes d’aide.

Toutefois, il est important de se rappeler que, sur le terrain, et depuis plusieurs années déjà, nombre d’acteurs œuvrent au quotidien en collégialité afin d’éradiquer ces violences. Il existe de nombreuses ressources qui sont habilitées et disposent d’une longue expérience dans le soutien des victimes d’exploitation sexuelle et de leurs proches. Carmen Fontaine, coordonnatrice de la CQCTP, vous invite à consulter ces ressources, généralement gratuites et confidentielles.

S’il y a un temps où il vaut mieux prévenir que guérir, c’est bien lorsqu’il s’agit de la sécurité de nos femmes et nos filles ! Qu’on se le dise, les ressources existent !

Voici quelques ressources que vous pourriez consulter si vous ou quelqu’un près de vous est dans cette situation.

La Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES) est une concertation d’organismes et de personnes critiques de l’industrie du sexe. Au quotidien, la CLES rencontre des femmes ayant un vécu en lien avec la prostitution pour leur offrir des alternatives répondant à leurs besoins, des rencontres individuelles et de groupe ainsi que de l’accompagnement dans des démarches juridiques ou des rendez-vous médicaux. La CLES organise des cafés rencontre, des groupes de soutien, des activités sociales et des ateliers allant de l’auto-défense au féminisme 101. Certaines activités s’adressent aux familles et aux proches.

Les CALACS luttent et dénoncent toutes les formes d’agressions sexuelles. Ils se trouvent dans toutes les régions du Québec et offrent des services d’aide individuels et des rencontres de groupe de soutien. Ils offrent aussi des services d’accompagnement lors du processus judiciaire aux victimes et à leurs proches. Ils peuvent également offrir de l’accompagnement auprès des services de santé ou divers autres organismes selon les besoins des victimes.

On trouve des centres jeunesse dans toutes les régions du Québec, ils font partie des Centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS) ou des Centres intégrés universitaires de santé et de services sociaux (CIUSSS). Si vous êtes inquiets pour la sécurité ou le développement d’un enfant ou d’un jeune, vous pouvez téléphoner à la Direction de la protection de la jeunesse de votre région. Le projet Sphères réunit le CIUSSS Centre-Sud et celui de l’Ouest de l’ile ainsi que les organismes l’Anonyme, En marge 12-17 et le projet les Survivantes. Le projet Mobilis est un autre projet dans le cadre du CISSS-Montérégie.

Les maisons d’hébergement de la FMHF accueillent les femmes violentées et leurs enfants. Elles offrent une ligne d’écoute 24/7 et des services externes pour du soutien et des références vers des ressources appropriées. Elles réalisent nombre d’activités de prévention et de sensibilisation dans les communautés, dont les écoles primaires et secondaires. Il n’est pas nécessaire d’être hébergée pour bénéficier de leurs services. Elles œuvrent depuis 40 ans, par, pour et avec les femmes et les filles, à la reprise de pouvoir sur leur vie.

Dans le cadre du projet Les Survivantes, les policières du Service de police de la ville de Montréal ont comme mandat la prévention et la sensibilisation au phénomène de la prostitution et de la traite de personne auprès de différents intervenants et agissent auprès des victimes et des personnes vulnérables ainsi qu’auprès de leurs parents. Leur but est d’encourager la prise de conscience des victimes. Elles font réaliser à la personne concernée la façon d’opérer des proxénètes, et surtout, qu’elles sont sous leur emprise. Lors de ces interventions, des ressources spécifiques répondant aux divers besoins identifiés leur sont proposées. Un volet destiné aux victimes provenant des communautés autochtones a été créé.

Les centres d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) sont là pour vous aider à en surmonter les conséquences psychiques, psychologiques et sociales. N’hésitez pas à les contacter, leurs services professionnels sont gratuits et confidentiels.

Le Y des femmes de Montréal offre plusieurs types de services s’adressant aux femmes et aux filles. Son travail se décline en quatre familles d’actions : services d’hébergement, services d’employabilité, services jeunesse et services à la collectivité. Le Y des femmes veut contribuer à réduire l’exclusion et les inégalités sociales et de genre, ainsi que l’ensemble des violences faites aux femmes et aux filles.

 

La Coalition regroupe des organismes communautaires et institutionnels concernés par l’enjeu de la traite sous toutes ses formes, pour fins de travail forcé ou d’exploitation sexuelle, ou qui offrent de l’assistance et du soutien aux victimes ou potentielles victimes de la traite de personnes au Québec. Sa mission est de mettre en réseau les organismes travaillant auprès des personnes victimes ou à risque afin de prévenir la traite, de protéger les personnes victimes et de s’assurer d’offrir les services et le soutien adéquats.