Communiqué: La violence des prostitueurs, des proxénètes et de la prostitution, plus jamais.

Montréal, 26 novembre 2008 – Au moment où s’ouvre au Palais de Justice de Montréal le procès pour agressions sexuelles de Giovanni d’Amico, des membres de la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES) vont y manifester leur solidarité envers les femmes qui l’ont dénoncé. La CLES veut signifier son refus de toute forme de violence et de discrimination à l’égard des personnes prostituées, quelque soient la forme et le lieu où elle s’exerce. La CLES réclame que cesse immédiatement toute criminalisation et tout harcèlement des femmes en situation de prostitution mais aussi que soit réformé un système qui, en les appauvrissant et en niant leurs droits, les livre aux prostitueurs et aux proxénètes.

À l’instar de la Suède et maintenant de la Norvège, la CLES réclame une loi-cadre qui permette d’appuyer réellement les femmes qui veulent non seulement porter plainte contre leurs agresseurs mais trouver des alternatives à la stigmatisation inhérente à une société misogyne.

Depuis 1989, on a dénombré 40 femmes tuées par des hommes dans le contexte de l’« industrie du sexe » au Québec. De ce nombre, 12 femmes faisaient de la prostitution de rue. Les autres étaient au service d’agences d’escortes, œuvraient dans leurs appartements ou encore allaient au domicile des clients. Certaines ont été tuées par des clients, d’autres par des proxénètes. Certaines ont été assassinées par leur partenaire sexuel, d’autres par des inconnus dans le cadre d’un règlement de compte (crime organisé). La violence des prostitueurs et des proxénètes ne se limite pas à la prostitution de rue. Il est illusoire de croire que de permettre la création de bordels coopératifs, de ‘‘zones de tolérance’’ et autres lieux similaires leur assurerait une plus grande sécurité.

La CLES souhaite voir pénalisés l’achat d’actes sexuels – une violence en soi – et l’exploitation des femmes et des filles par les proxénètes, les tenanciers de bordels et les trafiquants qui tirent parti de leur pauvreté, avec la complicité de l’État.

La CLES participe à la Campagne des 12 jours d’actions contre la violence envers les femmes, coordonnée par la Fédération des femmes du Québec. Elle organise à cet effet un échange international avec des militantes de terrain d’une dizaine de pays au Centre St-Pierre, le jeudi 4 décembre à 17 h 30 au Centre St-Pierre (pièce 204), sur le thème La prostitution comme violence envers les femmes