Communiqué: Lutte contre l’exploitation sexuelle : demandes de la CLES et engagements des partis municipaux

Montréal, le mercredi 30 octobre 2013  Il y a un peu plus d’une semaine, la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES) adressait une lettre aux chefFEs des quatre principaux partis municipaux de Montréal afin de leur demander de prendre des engagements clairs en matière d’exploitation sexuelle.

 

La lettre, disponible sur le site internet de la CLES, requérait des partis qu’ils prennent des engagements selon quatre grands axes, soit : avoir des orientations claires pour faire de Montréal une ville luttant contre l’exploitation sexuelle; délégitimer l’industrie du sexe; s’attaquer à la demande et soutenir les femmes et proposait une liste de mesures se trouvant elle aussi au www.lacles.org

 

Seulement deux partis politiques ont pris le temps de répondre à nos missives. Équipe Denis Coderre pour Montréal et Le vrai changement pour Montréal – Groupe Mélanie Joly, dont la cheffe elle-même nous a adressé une lettre. Elle s’y engage à travailler de concert avec le SPVM afin que bars de danseuses et salons de massage respectent la législation en vigueur et d’appliquer une politique de tolérance zéro quant à l’emploi de mineures ou de victimes de la traite, à l’exploitation des employéEs et à l’utilisation des lieux comme maisons de débauche. Finalement, en matière de logements sociaux, elle propose d’appliquer de manière obligatoire la politique d’intégration adoptée par la Ville de Montréal obligeant les promoteurs à inclure au moins 15% de logements abordables et 15% de logements dans leurs projets, faute de quoi ils devront verser une somme permettant d’en construire le même nombre, dans le même quartier, dans un fonds dédié à cette fin et administré par la Ville.

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Pour sa part, l’Équipe Denis Coderre pour Montréal, affirmant supporter ardemment le travail fait par la CLES, appuie sans réserve les engagements demandés afin de faire de Montréal une ville luttant contre l’exploitation sexuelle et de délégitimer l’industrie du sexe. En ce sens, Monsieur Coderre et son équipe entendent mettre sur pied un comité de travail sur la question de la prostitution auquel la CLES entend bien sûr être invitée. Quant aux axes concernant la demande et le soutien aux femmes ils « contiennent des éléments très intéressants qui devront être discutés à l’intérieur du comité de travail ». Il y est aussi dit que la signature de la Ville sera changée et ne tablera pas sur le côté « sexy » de Montréal, comme cela a malheureusement était fait par le passé.

 

Quant aux deux autres partis, Projet Montréal de Richard Bergeron et la Coalition Montréal de Marcel Côté, au moment d’écrire ces lignes, ils ne nous avaient toujours pas répondu malgré l’envoie de courriels et de cartes postales de nos membres appuyant nos demandes. Il est à noter que le programme du parti Projet Montréal contient une section (5.14) sur l’exploitation sexuelle promettant notamment de permettre la création de nouvelles catégories de permis et de les révoquer s’ils sont inadéquatement utilisés, de renforcer les effectifs d’enquête de la section moralité du SPVM et de favoriser la création de refuges pour les femmes désirant sortir de la prostitution. Il aurait été intéressant de porter ces engagements plus loin, à la lumière de nos propositions.

 

La CLES vous invite à visiter son site web sous l’onglet Action – Prendre position en période électorale afin d’y trouver la lettre type, des cartes postales à imprimer et envoyer à vos candidatEs et éluEs de même que la liste exhaustive des demandes d’engagements faites aux partis municipaux et vous rappelle que tous ces outils conservent leur utilité après le 3 novembre. En ce sens, la CLES entend poursuivre ses efforts afin d’obtenir des engagements clairs de la part de la Ville de Montréal à s’afficher et à agir comme chef de file en matière de lutte contre l’exploitation sexuelle et l’industrie qui l’entoure.