Communiqué: Une Coalition de groupes de femmes en quête d’égalité veut plus pour les femmes

(OTTAWA) Le 8 mars 2013 – En cette Journée internationale des femmes comme à chaque jour, les femmes de tout le Canada et du monde entier devraient être libres de l’esclavage, de la violence, de l’inégalité et de l’exploitation. La Coalition des femmes pour l’abolition de la prostitution, un regroupement pancanadien de groupes de femmes en quête d’égalité, s’insurge contre l’exploitation continue des femmes dans la prostitution et presse le Canada de dénoncer l’exploitation et la vente du corps des femmes.

La Coalition lance aujourd’hui sa campagne «Nous voulons plus pour les femmes» dans le but d’attirer l’attention sur la réalité que vivent les femmes qui sont victimes de la traite et prostituées.

«La prostitution, c’est de la violence envers les femmes», déclare Diane Matte, de la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES). «La prostitution existe à cause du racisme, du capitalisme, du colonialisme et de l’inégalité des femmes. Celles qui ont le moins de possibilités de faire des choix sont mises à mal par la prostitution et le seront encore davantage s’il y a décriminalisation de cette industrie misogyne et par la commercialisation de leurs corps.»

«Nos efforts doivent venir en aide à toutes les femmes rendues vulnérables à la prostitution et la traite des personnes dans le monde entier, non seulement par des hommes individuels, mais particulièrement par la violence et l’oppression systémique», ajoute Michèle Audette, présidente de l’Association des femmes autochtones du Canada (AFAC). «Les femmes autochtones sont surreprésentées dans la prostitution, ce qui souligne leur vulnérabilité particulière, qui résulte de la pauvreté, du déracinement, des migrations forcées par l’exploitation de leurs territoires d’origine et de leurs communautés – des problèmes issus du colonialisme et du capitalisme transnational.»

Hilla Kerner, de l’Association canadienne des centres contre les agressions à caractère sexuel (ACCCACS), déclare: «Nous voulons plus que la prostitution pour les femmes. Nous voulons que l’État canadien leur garantisse un revenu de base, afin qu’elles ne soient pas obligées de se tourner vers la prostitution, et nous voulons que les hommes qui achètent et prostituent des femmes aient des comptes à rendre.»

«Nous dénonçons l’achat et la vente de femmes et d’enfants par des hommes, ainsi que la criminalisation des femmes prises dans la prostitution», affirme Candice Pilgrim de l’Association canadienne des sociétés Elizabeth Fry (ACSEF). «Un trop grand nombre des femmes que nous connaissons n’ont pas accès à un revenu adéquat, à de l’instruction, ou même à l’aide sociale. La plupart d’entre elles ont été agressées dans l’enfance ou l’adolescence et leurs tentatives pour se couper entièrement de ces réalités les rendent vulnérables à de nouvelles violences. Aucune femme ne devrait avoir à vendre son corps pour payer son loyer ou nourrir ses enfants.»

La Coalition presse les Canadiennes et les Canadiens à réclamer une égalité réelle des femmes sous forme de ressources communautaires, d’un revenu de base garanti, d’occasions de s’instruire, de services de soutien, et cetera, et NON par le biais d’une décriminalisation de la vente de leurs corps à des fins lucratives.

Membres de la Coalition des femmes pour l’abolition de la prostitution:

Vancouver: CASAC/ACCCACS – Canadian Association of Sexual Assault Centres/ Association canadienne des centres contre le viol

Ottawa: AFAC – Association des femmes autochtones du Canada

Ottawa: ACSEF – Association canadienne des sociétés Elizabeth Fry

Montréal: RQCALACS – Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel

Montréal: CLES – Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle

Vancouver: Vancouver Rape Relief & Women’s Shelter

Ottawa: AOcVF – Action ontarienne contre la violence faite aux femmes