Communiqué: Rapport de la Commission spéciale sur l’exploitation sexuelle des mineures

Montréal, le 4 décembre 2020

La Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES) salue le rapport de la Commission spéciale sur l’exploitation sexuelle des mineur.e.s présenté hier à l’Assemblée nationale. «  Nous considérons que ce rapport est complémentaire à la Politique sur l’égalité reconnaissant la prostitution comme étant une forme de violence envers les femmes ainsi qu’à la Stratégie gouvernementale pour contrer les violences sexuelles adopté en 2016  » a déclaré Diane Matte, co-fondatrice de la CLES. « Bien qu’étant axé sur les mineur.e.s, le rapport de la Commission prend soin de se pencher sur le passage à l’âge adulte des victimes d’exploitation sexuelle et fait aussi référence à la nécessité de mettre fin à la banalisation de la prostitution dans l’ensemble de la société. Nous continuerons cependant à réclamer la prise en compte des besoins des femmes aux prises avec la prostitution quel que soit leur âge ».

L’aide directe à la sortie de la prostitution

Dans son rapport, la Commission a su reconnaître que les victimes d’exploitation sexuelle subissent des séquelles psychologiques tout au long de leur vie. Consciente des conséquences de cette violence, la CLES avait demandé à la Commission d’offrir à toutes les victimes, peu importe leur âge, une aide directe dans leurs démarches de sortie de la prostitution.

La recommandation 49 du rapport porte justement sur l’instauration d‘un programme spécial de sortie de la prostitution ayant pour objet le versement de prestations d’aide financière à toutes les victimes en processus de reconstruction leur assurant notamment un revenu, un accès aux services de santé physique et psychologique et un logement. Parallèlement à cela, la recommandation 58 du rapport inscrit la sortie durable des situations d’exploitation sexuelle dans le plan d’action en santé et bien-être des femmes.

Une lutte plus générale contre la demande pour des actes sexuels tarifés s’impose

La CLES appuie la Commission lorsqu’elle affirme que la lutte plus générale contre l’achat d’actes sexuels peut contribuer à diminuer l’exploitation sexuelle des mineur.e.s. À cet égard, la CLES accueille favorablement la recommandation 6 du rapport qui prévoit des campagnes de sensibilisation qui serviront notamment à rappeler le caractère criminel de l’achat de services sexuels. Selon Jennie-Laure Sully, organisatrice communautaire à la CLES : « Quel que soit l’âge de la victime, acheter un acte sexuel, c’est l’imposer. L’impunité des clients prostitueurs doit cesser ».

À la lecture des recommandations, force est de reconnaître que la Commission a su écouter nos interventions, mais nous craignons que certaines recommandations soient réductrices ou n’atteignent pas les objectifs désirés. Nous continuons à analyser le rapport et ferons part de nos questions au fil de ces analyses. En attendant, en tant qu’organisation féministe abolitionniste ayant une analyse sexo-spécifique de la prostitution, la CLES apportera sa contribution à la mise en œuvre des recommandations de ce rapport qui vont dans le sens de la décriminalisation et du soutien aux victimes d’exploitation sexuelle, de la criminalisation des exploiteurs et prostitueurs et d’une transition vers un monde sans prostitution.