Communiqué: La CLES déplore le manque d’actions du fédéral pour soutenir les femmes aux prises avec la prostitution

 

Montréal, le 12 mai 2020 – En ce temps de pandémie, nous appelons nos gouvernements à soutenir les femmes et les filles souhaitant sortir de la prostitution ainsi que celles qui ont besoin d’aide pour ne pas y entrer ou y retourner. La CLES urge spécifiquement le gouvernement fédéral à démontrer sa volonté de lutter contre l’exploitation sexuelle et la traite humaine au Canada en s’engageant à maintenir et augmenter le financement des organismes apportant au quotidien soutien et accompagnement aux femmes et aux filles victimes de cette forme de violence basée sur le sexe.

Tout le monde s’accorde pour dire que cette crise planétaire, générée par la COVID-19 a des effets tout particulièrement désastreux pour les personnes les plus pauvres et discriminées. La très grande majorité des femmes aux prises avec la prostitution appartiennent à ces deux groupes. Elles sont pauvres et ne sont généralement pas protégées par le filet social mis en place, elles vivent aussi une très grande stigmatisation, les amenant très souvent à ne pas aller chercher le soutien dont elles ont besoin.

La crise actuelle amène plusieurs d’entre elles à vouloir s’engager dans un projet de sortie de la prostitution. Elles sont cependant propulsées dans cette voie à un rythme accéléré et souvent sans ressource pour les soutenir. La CLES les accompagne et trouve, avec elles, les moyens les plus probants pour arriver à réaliser leur projet et faire respecter leurs droits.

Plusieurs actions ont été entreprises par nos gouvernements afin de contrer les effets négatifs de la crise actuelle sur la population, mais nous attendons toujours une réponse pour le renouvellement de notre financement de la part de Justice Canada. Cela est d’autant plus questionnant que le programme s’adressant aux entreprises permet à l’industrie du sexe d’avoir un soutien pour « passer à travers la crise économique ».

D’autres organismes à travers le Canada, tel que le London Abused Women’s Centre (LAWC) et Reset Society de Calgary, vivent la même situation que nous.  Couper les ailes à des organismes comme les nôtres, c’est maintenir des femmes dans des situations de violence sexuelle. C’est aussi contrevenir à l’esprit de la nouvelle loi sur la protection des victimes d’exploitation sexuelle adoptée en 2014 et à l’engagement du gouvernement actuel de lutter contre la traite humaine.

Nous espérons pouvoir compter sur le gouvernement fédéral afin de maintenir un financement spécifique pour soutenir les femmes dans leur processus de sortie de la prostitution. Il nous faut, comme société, offrir plus aux femmes que la prostitution et soutenir de façon continue leurs espoirs de vivre dans la dignité et à l’abri de la violence.

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Pour plus d’informations, contactez:

Diane Matte ou Jennie-Laure Sully porte-parole de la CLES
diane.matte@lacles.org  jennie-laure.sully@lacles.org
514 376-9241/514 750-4535

Megan Walker, Executive Director, London Abused Women’s Centre
mwalker@lawc.on.ca or 226-376-0781