Une campagne forte de sensibilisation sur la cyberexploitation sexuelle

Montréal, le 2 novembre 2020 – La campagne « Full célèbre » continue de faire jaser et de sensibiliser les jeunes et les moins jeunes au fléau de la cyberexploitation sexuelle. Sans en calculer les risques, les jeunes acceptent de partager des photos ou vidéos osées à des inconnus sur les médias sociaux et, trop souvent, en subissent les conséquences. Cette campagne de prévention, que l’on retrouve sur les médias sociaux, les panneaux d’affichage et sur une nouvelle plateforme web de sensibilisation, est une initiative de cinq organismes communautaires unis afin de donner une voix à ce phénomène en pleine croissance.

« Full célèbre » lève le voile sur ces cyberagressions qui inquiètent les parents et pour lesquelles nous avons encore peu de ressources. La plateforme web fullcelebre.org dédiée à cette campagne permet de comprendre les conséquences néfastes que peut avoir la propagation de photos et de vidéos intimes sur le web via les ordinateurs et téléphones cellulaires mentionne Jennie-Laure Sully de la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle.

En septembre dernier, l’animatrice Rosalie Bonenfant a accepté d’animer un panel de discussion diffusé sur YouTube où des experts se sont exprimés sur les conséquences de la cyberexploitation ainsi que sur leur expérience du terrain, auprès des jeunes. Ayant déjà cumulé plus de 1 000 visionnements, on y retrouve une professeure de sexologie de l’UQAM ainsi que des intervenantes de la CLES, du réseau Enfants-retour et du CALACS Estrie.

Afin d’illustrer les messages de la campagne Full célèbre, ce sont notamment des jeunes fréquentant la Maison d’Haïti et la Maison Kekpart qui ont été consultés. Lors de ces consultations, une image forte a été retenue par les jeunes: celle de Yasmine dont le visage est recouvert par un sac de papier brun sur lequel on peut lire le mot « sexto ». Aperçue sur plus d’une trentaine d’abribus à travers Montréal, Laval et Longueuil, l’image en a surpris plus d’un. Finalement, la plateforme fullcelebre.org et les médias sociaux de la campagne offrent des conseils pratiques aux jeunes sur les façons de retirer des photos de soi en ligne ou d’éviter de devenir « full célèbre » pour les mauvaises raisons.

Bien que cette campagne tire à sa fin, le débat de société, lui, est loin d’être clos. Une lettre ouverte parue récemment dans La Presse interpelle le gouvernement afin qu’il bonifie les cours d’éducation sexuelle en abordant de front le phénomène de l’exploitation sexuelle et de la cyberexploitation sexuelle. Des organismes tels que la CLES, le Y des femmes, le Réseau Enfants-Retour, la Maison d’Haïti et le Calacs Agression Estrie ont constaté une augmentation des risques de victimisation des jeunes en ligne pendant la pandémie et estiment que la réponse gouvernementale se fait attendre. Notre message est pourtant clair : Il est temps d’agir pour contrer les cyberagressions et la cyberexploitation sexuelle.

Pour plus d’informations :
Jennie-Laure Sully
514 750-4535